Les Palestiniens des camps de réfugiés de Cisjordanie se préparent aux opérations militaires alors que les autorités israéliennes signalent une escalade

Pour les Palestiniens vivant dans les camps de réfugiés de la région de Ramallah en Cisjordanie occupée, la question n’est plus de savoir si les forces militaires israéliennes viendront — c’est quand. Face à une campagne soutenue de raids à grande échelle contre les camps de Cisjordanie et à une série de déclarations des autorités israéliennes signalant la possibilité d’une opération militaire d’envergure, les résidents vivent sous le poids d’une peur qui est à la fois intime et historique : le déplacement que leurs familles ont survécu il y a des décennies pourrait se répéter.

Ce qui se passe

Les autorités israéliennes ont publié des déclarations promettant une opération militaire majeure ciblant les camps de réfugiés en Cisjordanie occupée, selon les reportages de Mondoweiss. Les raids contre les camps de la région s’intensifient, et les Palestiniens vivant dans les camps de la région de Ramallah décrivent une compréhension collective que leurs communautés sont visées. L’atmosphère, telle que capturée dans les reportages sources, est celle de la crainte plutôt que de l’incertitude — les résidents ne se demandent pas si les opérations les atteindront, mais quand.

Les camps de Cisjordanie ne sont pas des établissements temporaires de tentes. Ce sont des communautés urbaines denses et bien établies — certaines datant de plus de 75 ans — construites par des Palestiniens et leurs descendants qui ont été expulsés ou ont fui lors de la guerre de 1948 qui a établi l’État d’Israël, un événement que les Palestiniens appellent la Nakba, ou catastrophe. Ces communautés ont survécu à plusieurs guerres, à des décennies d’occupation militaire et à des incursions répétées. La perspective d’une opération militaire israélienne à grande échelle pèse maintenant sur elles comme une menace directe à ce qu’il reste de leurs maisons et de l’infrastructure communautaire.

Qui est affecté

Les populations affectées sont les réfugiés palestiniens et leurs descendants — des personnes dont le statut juridique de réfugié est reconnu par l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), l’organe de l’ONU mandaté depuis 1949 pour fournir une éducation, des services de santé et une aide aux Palestiniens déplacés en 1948 et à leurs descendants. Les camps de Cisjordanie administrés par l’UNRWA sont parmi les communautés les plus densément peuplées du territoire occupé, et ils ont supporté une part disproportionnée des opérations militaires israéliennes ces dernières années.

Les camps de la région de Ramallah se situent au cœur de la Cisjordanie, près du centre administratif de l’Autorité palestinienne. Leurs résidents — déjà apatrides, déjà vivant sous occupation militaire, déjà soumis aux restrictions de mouvement et à la réalité constante des incursions armées — font maintenant face à la possibilité d’opérations d’une envergure qui aggraverait les couches de dépossession s’étendant sur des générations.

Le contexte plus large

L’escalade en Cisjordanie n’a pas émergé isolément. Depuis fin 2023, les forces militaires israéliennes ont mené des opérations à grande échelle et prolongées dans les camps notamment à Jenin et Tulkarm — des opérations qui ont causé des déplacements massifs au sein de la Cisjordanie elle-même, la destruction d’infrastructures et des pertes civiles importantes. Des organisations de défense des droits de l’homme, dont OCHA oPt, B’Tselem, Al-Haq et Amnesty International, ont documenté l’impact de ces opérations sur la vie civile, y compris la démolition de maisons et le déplacement de dizaines de milliers de Palestiniens des camps du nord de la Cisjordanie.

Les autorités israéliennes ont à certains moments encadré ces opérations en utilisant un langage qui reflète la campagne militaire à Gaza, décrivant des objectifs de démantèlement des infrastructures armées. Les groupes de défense des droits palestiniens et les organes de l’ONU ont régulièrement tiré la sonnette d’alarme sur le coût civil et les conséquences démographiques à long terme potentielles des opérations qui rendent les camps inhabitables.

Ce que disent les moniteurs des droits

Des organisations comme OCHA oPt et UN OHCHR ont régulièrement documenté l’impact des opérations militaires israéliennes sur les camps de réfugiés de Cisjordanie, notant le déplacement, la destruction de biens civils et les restrictions d’accès humanitaire. B’Tselem et Al-Haq ont documenté des cas individuels de démolitions de maisons, de meurtres et de détentions lors de raids dans les camps. La Cour internationale de justice a rendu un avis consultatif en 2024 concluant que l’occupation par Israël du territoire palestinien est illégale selon le droit international — un contexte juridique dans lequel se déploie l’escalade actuelle.

À surveiller

La question immédiate est de savoir si les autorités israéliennes suivront les déclarations d’une opération terrestre à grande échelle dans les camps de la région de Ramallah, et quelles seraient les conséquences humanitaires d’une telle opération. La capacité de l’UNRWA à réagir — déjà tendue par des crises de financement et des pressions politiques sur l’agence — sera une variable clé. La réponse de l’Autorité palestinienne, qui administre la région de Ramallah selon le cadre d’Oslo, sera également étroitement surveillée.

Pour les Palestiniens vivant dans ces camps, les enjeux sont existentiels au sens le plus littéral. Leurs communautés représentent non seulement des maisons mais la préservation physique d’une identité de réfugié — celle enracinée dans le droit au retour qui a défini la vie politique palestinienne pendant plus de sept décennies. Une opération qui détruirait ou viderait ces communautés ne serait pas comprise par les résidents comme une simple mesure de sécurité. Elle serait comprise comme un autre chapitre de dépossession.