Les Palestiniens des camps de réfugiés de Cisjordanie se préparent à des opérations militaires alors que les responsables israéliens signalent une escalade

Pour les Palestiniens vivant dans les camps de réfugiés à travers la région de Ramallah en Cisjordanie occupée, la question n’est plus de savoir si les forces israéliennes viendront — c’est quand. Sur fond de raids militaires croissants et de déclarations de plus en plus explicites de la part des responsables israéliens promettant des opérations à grande échelle visant les camps de Cisjordanie, les communautés dont les familles ont d’abord été déplacées en 1948 et 1967 font face à la possibilité d’un deuxième, voire d’un troisième déplacement forcé. Les enjeux ne sont pas seulement la sécurité physique mais la survie de communautés qui restent, pour des millions de Palestiniens, l’incarnation vivante de leur revendication non résolue d’un foyer.

Ce qui se passe

Les responsables israéliens ont signalé publiquement qu’une opération militaire majeure contre les camps de réfugiés palestiniens en Cisjordanie est en cours de planification ou activement envisagée. Les raids à travers la Cisjordanie s’intensifient, et les Palestiniens vivant dans les camps de la région de Ramallah rapportent que l’atmosphère s’est déplacée d’une peur périodique à une crainte soutenue. Selon un reportage publié par Mondoweiss, les résidents décrivent la situation non pas comme une question ouverte mais comme une question de timing — une opération, pensent-ils, est inévitable.

Le langage provenant des responsables israéliens a été assez direct pour que les gens à l’intérieur de ces camps réfléchissent déjà à ce qu’un assaut signifierait : la destruction de maisons, la rupture de ce qui reste de leurs liens à un lieu physique, et l’oblitération de communautés qui ont existé — étroites, sous-dotées en ressources, mais intactes — pendant plus de sept décennies.

Qui vit dans ces camps

Les camps de réfugiés de Cisjordanie ne sont pas des établissements temporaires sous tentes. Ce sont des quartiers urbains densément construits, habités par des Palestiniens et leurs descendants qui ont été expulsés ou ont fui pendant la guerre de 1948 — l’événement que les Palestiniens appellent la Nakba, ou « catastrophe » — et à nouveau pendant la guerre de 1967. L’Agence des Nations Unies pour le secours et l’emploi des réfugiés de Palestine (UNRWA), qui administre les services aux réfugiés palestiniens enregistrés depuis 1950, opère dans 19 camps de réfugiés en Cisjordanie. Ces camps, bien qu’établis comme abris d’urgence, sont devenus des caractéristiques permanentes du paysage au fil des générations, leurs populations augmentant tandis que leurs limites physiques restaient fixes.

Les personnes à l’intérieur conservent le statut de réfugié en vertu du droit international et, en vertu de la Résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU, conservent un droit de retour reconnu vers leurs lieux d’origine. Tout déplacement forcé des camps aggraverait un déplacement déjà documenté comme l’un des plus importants et des plus longs de l’histoire moderne.

Le schéma plus large

Les menaces contre les camps de Cisjordanie ne surgissent pas isolément. Depuis au moins 2023, les opérations militaires israéliennes dans les villes et camps de Cisjordanie — y compris Jenin, Tulkarm et Nur Shams — se sont intensifiées de manière dramatique. Les opérations dans le camp de réfugiés de Jenin, documentées par des organisations de défense des droits de l’homme, dont le HCDH de l’ONU et B’Tselem, ont impliqué l’utilisation de drones armés, de frappes aériennes, la destruction à grande échelle d’infrastructures et le déplacement de milliers de résidents. Ce que les résidents des camps de la région de Ramallah craignent maintenant, c’est que la logique militaire appliquée à Jenin et Tulkarm soit étendue à eux.

Le contexte plus large est une Cisjordanie sous des conditions que plusieurs organes de l’ONU, Amnesty International et Human Rights Watch ont décrites comme une grave détérioration des conditions humanitaires et des droits de l’homme : la violence des colons à des niveaux records, les restrictions de mouvement, les démolitions de maisons, et une campagne militaire qui a tué des centaines de Palestiniens en Cisjordanie depuis octobre 2023.

Ce que disent les défenseurs des droits et les cadres juridiques

Le droit international humanitaire — y compris la Quatrième Convention de Genève — interdit le transfert forcé d’une population civile protégée en situation d’occupation. Al-Haq, l’organisation de défense des droits de l’homme basée à Ramallah, et OCHA oPt ont tous deux documenté des schémas de déplacement dans les opérations de Cisjordanie qui soulèvent des questions graves en vertu de ce cadre juridique. La Cour internationale de Justice, dans son avis consultatif de juillet 2024, a jugé l’occupation prolongée d’Israël et les politiques associées contraires au droit international, appelant spécifiquement à la fin de l’entreprise de colonisation et à la levée des restrictions de mouvement — des conclusions qui ont une pertinence directe pour les conditions auxquelles font face les résidents des camps.

Toute opération militaire qui entraînerait le déplacement massif de populations de camps de réfugiés ferait l’objet d’un examen en vertu de la définition juridique du transfert forcé, que le Statut de Rome classe comme un crime de guerre.

À surveiller

Les questions immédiates sont de savoir si les forces militaires israéliennes lanceront des opérations terrestres à grande échelle dans les camps de la région de Ramallah, quelle sera la capacité de réaction humanitaire si elles le font, et si l’UNRWA — déjà confrontée à une interdiction législative israélienne de ses opérations promulguée fin 2024 — sera positionnée pour réagir. La réaction de la communauté internationale, en particulier des États qui ont de l’influence sur la politique israélienne, sera également étroitement surveillée par ceux à l’intérieur des camps.

Pour les Palestiniens vivant dans ces camps aujourd’hui, le calcul est douloureusement concret : les familles qui ont survécu à la Nakba, qui ont reconstruit leur vie dans les ruelles étroites des camps, pèsent maintenant ce que la survie pourrait exiger d’eux à nouveau — et si quelque chose de leur monde subsistera de l’autre côté.