Un bébé de sept mois, une famille déchirée, une route à travers Hébron

Le meurtre d’un nourrisson en Cisjordanie occupée n’est pas une abstraction. C’est un père, blessé à la main, qui enterre seul son fils de sept mois le lendemain du jour où des soldats ont ouvert le feu sur la voiture familiale. C’est une mère en soins intensifs, incapable d’assister aux funérailles de son enfant. La mort de Sam Abu Haikal à Hébron met en lumière ce que les moniteurs des droits de l’homme ont longtemps documenté : les civils palestiniens, y compris les plus vulnérables, se déplacent en Cisjordanie occupée dans un contexte de risque persistant et mortel face aux tirs de l’armée israélienne.

Ce qui s’est passé

Selon les reportages de Mondoweiss, Sam Abu Haikal — sept mois — voyageait avec ses parents dans une voiture à travers Hébron en Cisjordanie occupée lorsque des soldats israéliens ont ouvert le feu sur le véhicule. Sam a été tué. Sa mère a subi des blessures suffisamment graves pour être placée en soins intensifs. Son père a été blessé à la main. Le lendemain matin, le père a enterré son fils nourrisson — seul, sa femme toujours hospitalisée, son propre corps portant la blessure de la même attaque.

Hébron, connue en arabe sous le nom d’Al-Khalil, est l’une des villes les plus militarisées de Cisjordanie. C’est la seule ville palestinienne du territoire où des colons israéliens vivent dans le centre-ville lui-même, dans des enclaves protégées par une présence militaire israélienne dense. Les restrictions de mouvement, les points de contrôle et la présence de soldats armés sont une caractéristique déterminante de la vie quotidienne des résidents palestiniens d’Hébron.

Qui est touché

La famille Abu Haikal, telle que décrite dans la source, a porté tout le poids de cet incident sous sa forme la plus intime et la plus dévastatrice. Un père qui a survécu à une blessure par balle à la main a dû faire face à la tâche d’enterrer son enfant nourrisson sans sa femme à ses côtés — elle luttait pour sa vie dans un lit d’hôpital. La source ne fournit pas de détails biographiques supplémentaires sur la famille, et aucun n’en est ajouté ici. Ce que les faits rapportés communiquent est suffisamment cru : un enfant qui avait vécu sept mois avait disparu ; les deux adultes responsables de lui avaient été, chacun de différentes manières, brisés par la même rafale de tirs.

La tendance plus large

Le meurtre de Sam Abu Haikal ne s’est pas produit dans le vide. La Cisjordanie occupée — sous contrôle militaire israélien depuis 1967 — a connu une escalade soutenue du recours à la force meurtrière contre les Palestiniens ces dernières années. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA oPt) a à plusieurs reprises documenté l’augmentation des décès de Palestiniens en Cisjordanie, notamment dans le gouvernorat d’Hébron. L’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem et le groupe juridique palestinien Al-Haq ont tous deux catalogué des cas où des soldats israéliens ont ouvert le feu sur des véhicules et des individus dans des circonstances qui soulèvent de sérieuses questions concernant la proportionnalité et la nécessité en vertu du droit international humanitaire.

En vertu de la quatrième Convention de Genève, une puissance occupante a le devoir spécifique de protéger la population civile sous son contrôle. Le meurtre d’un passager nourrisson dans un véhicule civil, parallèlement à la blessure des deux parents, est précisément la catégorie d’incident que les organismes de défense des droits de l’homme ont demandé aux moniteurs internationaux d’enquêter avec urgence et transparence.

Ce que disent les moniteurs des sources primaires

Bien que la source ne cite pas de déclaration spécifique des Nations unies ou des organismes de défense des droits de l’homme concernant cet incident particulier, le bilan institutionnel est constant. UN OHCHR a tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’il décrit comme un usage excessif de la force meurtrière par les forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie. Amnesty International et Human Rights Watch ont tous deux publié des conclusions caractérisant les conditions structurelles de l’occupation — y compris l’architecture militaire d’Hébron — comme incompatibles avec les droits des Palestiniens à la vie, à la liberté de mouvement et à la dignité. Le Moniteur euroméditerranéen des droits de l’homme a de même documenté des cas de tirs sur des véhicules civils en Cisjordanie dans le cadre d’une tendance plus large nécessitant une responsabilisation.

Ce à surveiller ensuite

Des questions critiques restent sans réponse sur la base des informations disponibles : Quelle était la justification militaire israélienne déclarée pour avoir ouvert le feu ? Une enquête a-t-elle été annoncée, et par qui ? Quel est l’état actuel de la mère de Sam ? Si les autorités israéliennes mènent un quelconque processus formel de responsabilisation — et si les organismes internationaux en exigent un — déterminera si ce meurtre rejoint le long registre des décès palestiniens non enquêtés, ou devient un moment qui force un examen.

Sam Abu Haikal avait sept mois. Il était dans une voiture avec ses parents. Il n’a pas survécu au voyage. Son père l’a enterré le lendemain matin, blessé et seul. Ce sont les faits tels que rapportés. Ils suffisent.

Lire le rapport original sur Mondoweiss.

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