La décision du gouvernement israélien de priver la municipalité palestinienne de Hébron de son autorité en matière d’urbanisme — des pouvoirs que ce corps avait exercés pendant près de trois décennies — marque un changement significatif dans le contrôle de l’environnement urbain de l’une des villes les plus contestées de Cisjordanie. Cette mesure, prise ce mois-ci, a été suivie presque immédiatement par l’approbation israélienne d’une yeshiva dans la Vieille Ville de Hébron, une séquence que les observateurs des droits humains et les urbanistes avertissent depuis longtemps n’est pas un simple remaniement administratif mais une ingénierie démographique délibérée.
Ce qui s’est passé
Pendant près de trente ans, la municipalité palestinienne de Hébron a exercé la juridiction en matière d’urbanisme sur la ville — l’autorité formelle d’approuver les constructions, de délimiter les zones et de façonner le paysage urbain. Cette autorité a été révoquée par Israël ce mois-ci. La révocation transfère le pouvoir de planification loin de l’organisme palestinien élu et le place sous contrôle israélien, un changement qui a des conséquences immédiates et concrètes : peu de temps après l’entrée en vigueur de la décision, Israël a approuvé la construction d’une yeshiva — un séminaire religieux juif — à l’intérieur de la Vieille Ville de Hébron.
Le moment de cette approbation n’était pas accidentel. Le permis pour la yeshiva illustre précisément ce que le changement d’autorité de planification rend possible : une construction sanctionnée par Israël dans le cœur urbain historique palestinien, contournant l’organisme municipal qui avait précédemment la juridiction sur de telles décisions.
Qui est affecté
Hébron — connue en arabe sous le nom d’Al-Khalil — abrite environ 200 000 Palestiniens et est l’une des villes les plus importantes de la Cisjordanie occupée, tant sur le plan économique que culturel. Sa Vieille Ville, centre historique reconnu par l’UNESCO, est depuis des décennies un point d’inflammation. Selon les accords découlant du Protocole de Hébron de 1997 de l’époque d’Oslo, la ville est divisée : H1 relève de l’administration de l’Autorité palestinienne, tandis que H2 — englobant la Vieille Ville et la zone autour de la Mosquée d’Ibrahim/Caverne des Patriarches — reste sous contrôle militaire israélien.
Ce sont les résidents palestiniens, les commerçants et les propriétaires dans et autour de cette Vieille Ville qui subissent les conséquences les plus directes du changement d’autorité de planification. Sans un organisme municipal palestinien habilité à approuver ou refuser les constructions, les résidents perdent une couche institutionnelle formelle de protection contre les projets de construction qui altèrent le caractère et l’équilibre démographique de leurs quartiers. L’approbation d’une yeshiva à la suite de la révocation indique ce que cette perte pourrait signifier en pratique.
La tendance plus large
La révocation ne se produit pas isolément. Dans toute la Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, la politique israélienne de planification et de zonage a longtemps été documentée par les organisations de défense des droits humains comme un outil de changement démographique. B’Tselem, l’organisation israélienne de défense des droits humains, a largement documenté comment les communautés palestiniennes font face à des difficultés aiguës pour obtenir des permis de construire dans les régimes de planification contrôlés par Israël, tandis que la construction des colonies se poursuit avec une relative facilité. Al-Haq, l’organisation palestinienne de défense des droits humains basée à Ramallah, a documenté de manière similaire comment le droit de la planification fonctionne comme un instrument de dépossession sous l’occupation.
Dans la Vieille Ville de Hébron spécifiquement, les décennies qui ont suivi les accords d’Oslo ont vu une érosion régulière de la vie commerciale et résidentielle palestinienne en H2. Des rues entières ont été fermées, les marchés fermés et les mouvements palestiniens restreints — des processus documentés par l’OCHA oPt dans des rapports successifs sur la ville. Le transfert de l’autorité de planification aux mains israéliennes prolonge ce phénomène dans le domaine administratif et juridique.
L’approbation d’une yeshiva dans la Vieille Ville s’inscrit dans une poussée plus large du gouvernement israélien — s’accélérant sous la coalition d’extrême droite actuelle — pour étendre les infrastructures religieuses et civiles juives dans les zones de Cisjordanie ayant une signification symbolique et stratégique profonde. Hébron, en tant que site de la Mosquée d’Ibrahim et du Tombeau des Patriarches, a un poids particulier dans ce contexte.
Ce que disent les observateurs de sources primaires
L’OCHA oPt a régulièrement signalé la Vieille Ville de Hébron comme l’une des zones les plus gravement affectées de Cisjordanie, où les restrictions imposées par Israël ont vidé la vie économique et civique palestinienne au fil des années. Human Rights Watch et Amnesty International ont tous deux abordé, dans leurs rapports plus larges sur l’occupation, comment l’autorité de planification et les décisions de zonage fonctionnent pour consolider le contrôle israélien tout en limitant le développement palestinien. La révocation spécifique des pouvoirs de planification municipale de Hébron représente une escalade que les observateurs des droits humains suivant le déplacement urbain et l’expansion des colonies documenteront probablement de près.
Ce qu’il faut surveiller ensuite
L’approbation de la yeshiva peut être la première, plutôt que la dernière, grande décision de construction prise selon le nouveau régime de planification. Les observateurs et les résidents observeront si d’autres projets approuvés par Israël suivent, et à quelle vitesse — et si les contestations juridiques palestiniennes, au niveau international ou national, gagnent du terrain. La réponse de l’Autorité palestinienne, et si les organismes internationaux ayant des mandats de préservation du patrimoine culturel soulèvent des préoccupations concernant le statut UNESCO de la Vieille Ville, façonneront également la manière dont la situation se développera.
Ce que la révocation rend indubitablement clair, c’est qu’à Hébron, comme dans une grande partie de la Cisjordanie occupée, la question de qui détient le pouvoir de planification est inséparable de la question de savoir pour quel avenir la ville est en train d’être construite.
Palestinian writer and researcher documenting life under occupation, drawing on primary sources from B’Tselem, Al-Haq, OCHA oPt, Amnesty, Human Rights Watch, and named scholars.