Les agriculteurs de Gaza retournent dans les champs que la guerre a laissés en ruine
L’agriculture a soutenu la vie palestinienne à Gaza pendant des générations — une fine bande côtière où les familles cultivaient des oliveraies, des vergers d’agrumes, des champs de blé et des potagers sur le fond de l’un des territoires les plus densément peuplés du monde. Plus d’un an après la campagne militaire à grande échelle qui a été soumise à un examen juridique intense par les organismes internationaux et de l’ONU, le secteur agricole de Gaza a été réduit à une destruction quasi-totale. Avec 96 pour cent des terres agricoles signalées comme détruites, les agriculteurs qui commencent maintenant à revenir ne font pas face simplement à des champs endommagés mais à des paysages ensevelis sous les décombres et semés d’engins non explosés — et un blocus israélien continu qui bloque les intrants dont ils ont besoin pour reconstruire.
L’ampleur de la destruction agricole
Le chiffre au centre de tout compte rendu de la crise agricole de Gaza est vertigineux par son étendue : 96 pour cent des terres agricoles de Gaza détruites. Cette quasi-élimination totale signifie que le fondement de la production alimentaire locale — le sol, l’infrastructure d’irrigation, les arbres, les installations de stockage, l’équipement — a été effacé dans pratiquement tout le territoire. Ce qui reste ne sont pas des terres agricoles endommagées en attente de réparation mais un sol qui doit d’abord être sécurisé. Les engins non explosés enfouis dans les champs posent un risque mortel à tout agriculteur qui tenterait de revenir et de travailler la terre, transformant l’acte du labourage ou de la plantation en une entreprise potentiellement mortelle. Les décombres des structures agricoles détruites constituent une barrière physique supplémentaire à la récupération, nécessitant un déblaiment avant que la culture puisse reprendre.
Le secteur agricole de Gaza ne fonctionnait jamais dans des conditions normales même avant le conflit actuel. Des décennies de blocus, des restrictions sur le mouvement des marchandises et des cycles récurrents d’escalade militaire avaient déjà comprimé la capacité du territoire à se nourrir lui-même. La destruction quasi-complète documentée maintenant représente l’élimination de ce qui restait.
Le blocus comme un deuxième mur
Même là où les agriculteurs ont la volonté et les moyens physiques de tenter une récupération, le blocus israélien est décrit comme rendant cette récupération presque impossible. La reconstruction agricole nécessite des semences, des engrais, des pesticides, de l’équipement d’irrigation, des pièces de rechange et du carburant — dont presque tous dépendent de chaînes d’approvisionnement externes. Un blocus qui contrôle ce qui entre à Gaza par terre, mer et air a la capacité d’arrêter la récupération agricole avant qu’elle commence, indépendamment de l’effort humain investi dans les champs eux-mêmes.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), qui surveille la situation humanitaire dans le territoire palestinien occupé, a à plusieurs reprises documenté l’impact des restrictions d’accès sur la capacité de Gaza à recevoir non seulement l’aide alimentaire mais aussi les intrants productifs qui permettraient à la population de cultiver sa propre nourriture. L’effet du blocus sur l’agriculture est donc double : il restreint l’entrée de la nourriture et il restreint les moyens de produire de la nourriture localement.
Ce que les moniteurs des droits de l’homme ont documenté
La destruction des terres agricoles et des systèmes alimentaires dans le contexte d’un conflit armé est soumise à un examen selon le droit international humanitaire, qui interdit les attaques contre les objets indispensables à la survie de la population civile, y compris les denrées alimentaires, les zones agricoles et les cultures. Les organisations incluant Amnesty International, Human Rights Watch, Al-Haq et le Euro-Mediterranean Human Rights Monitor ont largement rendu compte de la destruction des infrastructures civiles à Gaza, y compris la capacité de production alimentaire. La Cour internationale de justice (CIJ), dans les procédures engagées par l’Afrique du Sud, a examiné des questions de violations potentielles de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, ajoutant une dimension juridique formelle aux préoccupations internationales concernant les conditions dans le territoire.
La destruction délibérée ou indiscriminée des terres agricoles à cette échelle, combinée à un blocus qui empêche la reconstruction, a conduit plusieurs organismes de surveillance à caractériser les conditions à Gaza comme constituant une famine provoquée par l’homme — une conclusion qui encadre la crise agricole non pas comme des dégâts collatéraux mais comme un résultat prévisible et documenté de la politique.
À quoi ressemble la récupération — et ce qu’elle exige
Les agriculteurs qui retournent dans les champs en ruine de Gaza le font dans des conditions qui rendent le mot « récupération » presque abstrait. Avant qu’une graine puisse être plantée, les terres doivent être dégagées des engins par des démineurs formés. Avant que l’irrigation puisse fonctionner, les tuyaux et les pompes détruits par le bombardement doivent être remplacés. Avant qu’une récolte puisse être stockée, l’infrastructure de stockage frigorifique et les entrepôts qui n’existent plus doivent être reconstruits. Tout cela nécessite des matériaux, de l’équipement et une expertise que le blocus empêche d’entrer en quantités adéquates.
L’effort que font ces agriculteurs est documenté non pas comme une histoire de succès mais comme une histoire de détermination face à l’obstruction structurelle — des gens revenant à la terre qui a défini leurs familles et leur économie, confrontés au poids total de ce qui leur a été enlevé.
La récupération agricole de Gaza ne peut pas être séparée des conditions politiques et militaires qui ont produit sa destruction. Tant que le blocus reste en place et que les engins non explosés ne sont pas dégagés, le chiffre de 96 pour cent fonctionnera moins comme une mesure des dégâts passés et plus comme un plafond sur ce que l’avenir peut détenir. Les agriculteurs qui commencent ce travail méritent d’être vus clairement — et les barrières mises sur leur chemin documentées avec une clarté égale.
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