Les réfugiés palestiniens en Cisjordanie se préparent à des opérations militaires qu’ils jugent inévitables

Pour les Palestiniens vivant dans les camps de réfugiés de la région de Ramallah en Cisjordanie occupée, la question n’est plus de savoir si les forces israéliennes viendront — c’est quand. Alors que les responsables israéliens font des déclarations de plus en plus explicites promettant des opérations militaires à grande échelle ciblant les camps de réfugiés de Cisjordanie, les résidents de ces camps vivent dans une terreur suspendue qui est à la fois profondément personnelle et historiquement enracinée : nombre de leurs familles ont été expulsées ou ont fui lors de la Nakba de 1948, ont trouvé refuge dans ces camps, et y sont restées, génération après génération, dans ce qui était toujours censé être un arrangement temporaire. Maintenant, au milieu des raids israéliens qui s’intensifient en Cisjordanie, cette permanence fragile fait face à sa menace militaire la plus directe en décennies.

Ce qui se passe

Selon les reportages publiés par Mondoweiss, les responsables israéliens ont fait des déclarations publiques promettant une opération militaire importante contre les camps de réfugiés palestiniens en Cisjordanie. Les raids contre les camps de la région s’intensifient déjà, et les Palestiniens vivant dans les camps de la région de Ramallah décrivent l’atmosphère comme celle d’une anticipation quasi certaine. Le cadrage de ces communautés, tel que capturé dans le titre du reportage, est brutal : « Est-ce ainsi que notre histoire se termine ? » — une phrase qui comprime à la fois la peur spécifique d’un déplacement imminent et l’arc plus long de la dépossession palestinienne que les camps eux-mêmes incarnent.

La Cisjordanie a connu une activité militaire israélienne soutenue et intensifiée dans les camps de réfugiés depuis au moins 2023, avec des opérations à grande échelle dans les camps de Jenin et Tulkarm suscitant une condamnation internationale généralisée. Le schéma semble maintenant s’élargir vers la Cisjordanie centrale, y compris les zones autour de Ramallah.

Qui est touché

Les camps de réfugiés palestiniens en Cisjordanie sont parmi les endroits les plus densément peuplés du territoire occupé. Ils ont été établis après 1948 pour accueillir les Palestiniens déplacés lors de la Nakba — le déplacement massif qui a accompagné la fondation d’Israël — et sont administrés en partie par l’UNRWA, l’Agence des Nations unies pour l’aide aux réfugiés palestiniens. Les résidents ont un statut de réfugié transmis de génération en génération, et les camps, bien que ressemblant physiquement à des quartiers urbains denses après des décennies de construction, conservent une identité juridique et politique distincte liée au droit au retour selon le droit international.

Les personnes vivant dans ces camps sont parmi les Palestiniens les plus structurellement vulnérables de Cisjordanie. Ils font face à la pauvreté, au surpeuplement et à des infrastructures limitées, et ont à plusieurs reprises été au centre des incursions militaires israéliennes. Pour eux, une opération militaire à grande échelle n’est pas une abstraction — elle porte la mémoire vécue de ce que de telles opérations ont déjà fait à Jenin et Tulkarm, où les infrastructures ont été détruites, les résidents ont été déplacés de force, et les opérations de l’UNRWA ont été gravement perturbées.

Le modèle plus large

La menace pesant sur les camps de la région de Ramallah n’émerge pas isolément. Depuis l’escalade de la campagne militaire israélienne suivant octobre 2023, la Cisjordanie a connu une augmentation dramatique des raids meurtriers, de la violence des colons et des saisies de terres. OCHA oPt a documenté une forte augmentation des pertes civiles palestiniennes en Cisjordanie au cours de cette période. Les opérations dans le camp de réfugiés de Jenin commençant au début 2025 ont déplacé des dizaines de milliers de résidents et ont causé une destruction extensive des infrastructures du camp — un précédent que les Palestiniens dans d’autres camps citent maintenant comme un avertissement direct de ce qui pourrait venir.

Les responsables israéliens ont à différents moments encadré les opérations militaires contre les camps de réfugiés comme des mesures antiterroristes. Les organisations de défense des droits de l’homme, notamment B’Tselem, Al-Haq et Amnesty International, ont documenté des schémas de recours excessif à la force, de meurtres illégaux et de punitions collectives dans ces opérations, soulevant des questions selon le droit international humanitaire sur la proportionnalité et la protection des populations civiles dans les zones densément peuplées.

Ce que surveillent les moniteurs des droits de l’homme

Des organisations comme OCHA oPt, UN OHCHR et Euro-Med Human Rights Monitor ont toutes tiré la sonnette d’alarme sur la situation qui s’aggrave dans les camps de réfugiés de Cisjordanie. Le ciblage de l’UNRWA — y compris la législation israélienne qui a restreint les opérations de l’agence — affecte directement les infrastructures de services essentiels des camps. Toute opération militaire à grande échelle dans les camps de la région de Ramallah déclencherait probablement un déplacement immédiat, des besoins humanitaires et, sur la base des précédents à Jenin et Tulkarm, une destruction grave des infrastructures résidentielles et civiques.

Ce qu’il faut surveiller

Les semaines à venir sont une fenêtre critique. Les résidents palestiniens et les observateurs surveilleront si les responsables israéliens traduisent leurs déclarations publiques en ordres opérationnels, et si les acteurs internationaux — y compris le Conseil de sécurité de l’ONU et les États ayant une influence sur Israël — réagissent avant plutôt qu’après le début d’une campagne militaire. La capacité de l’UNRWA à fonctionner et le statut de l’accès humanitaire à tout camp affecté seront des indicateurs immédiats de l’ampleur de toute crise qui en découlerait.

Pour les personnes vivant dans ces camps, l’attente elle-même est une forme de préjudice — agravée par la connaissance que le monde a observé le déroulement d’opérations similaires auparavant, et que la documentation de la souffrance n’a pas, jusqu’à présent, été suffisante pour l’arrêter.