“`html
La campagne israélienne pour effacer les camps de réfugiés de Cisjordanie atteint Qalandia
La campagne militaire israélienne ciblant les camps de réfugiés palestiniens en Cisjordanie occupée est entrée dans une nouvelle phase, un raid signalé sur le camp de réfugiés de Qalandia marquant une expansion au-delà de Jénine et Tulkarem. Ce qui se déploie, selon les analystes et observateurs, n’est pas seulement une opération antiterroriste mais un effort soutenu pour démanteler l’infrastructure physique et symbolique de la vie des réfugiés palestiniens — des communautés dont l’existence même incarne le déplacement non résolu de 1948 et le droit au retour internationalement reconnu.
Ce qui se passe
Les autorités israéliennes ont publiquement promis d’étendre leur occupation militaire à d’autres camps de réfugiés de Cisjordanie, suite à des opérations qui ont déjà transformé les camps de Jénine et Tulkarem en zones militaires prolongées. Un nouveau raid sur le camp de réfugiés de Qalandia — situé à la limite nord de Jérusalem, adjacent au point de contrôle de Qalandia qui sépare la Cisjordanie de la ville — marque une escalade géographique importante. Le schéma reflète ce qui s’est déroulé à Jénine et Tulkarem : une intention militaire annoncée, suivie d’une incursion, suivie d’une présence soutenue.
Israël a présenté ces opérations en termes de sécurité, les décrivant comme des efforts pour démanteler les réseaux militants armés opérant à l’intérieur des camps. Les camps ont historiquement accueilli des factions de résistance armée, et les responsables israéliens ont cité cela comme justification de la présence militaire prolongée.
Qui est affecté
Les camps de réfugiés palestiniens en Cisjordanie ne sont pas des établissements temporaires sous tentes. Établis après le déplacement massif de Palestiniens pendant la guerre arabo-israélienne de 1948 — un événement que les Palestiniens appellent la Nakba, ou « catastrophe » — ces camps existent depuis près de quatre-vingts ans. Ce sont des communautés urbaines denses, au caractère permanent, reconnues et administrées par l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), et abritant des réfugiés enregistrés et leurs descendants.
Le camp de Qalandia, comme ceux de Jénine et Tulkarem avant lui, accueille une population civile dont la vie quotidienne est structurée autour de l’infrastructure du camp : écoles, cliniques, marchés, maisons familiales construites et reconstruites à travers les générations. Les raids militaires et l’occupation soutenue de ces espaces perturbent directement la vie civile, endommageant ou détruisant des maisons et des infrastructures communales, déplaçant les résidents et coupant l’accès aux services essentiels. Le coût humain des opérations à Jénine et Tulkarem — documenté par les agences de l’ONU et les organisations de défense des droits humains — a inclus des pertes civiles, un déplacement interne massif, et la destruction de bâtiments et de routes à l’intérieur des camps.
Le poids symbolique des camps
Les rapports de source font une observation pertinente : la campagne d’Israël n’est pas réductible aux seuls objectifs de sécurité. Les camps portent une signification politique et historique explicite. Ils existent comme témoignage vivant du déplacement palestinien, et leurs populations conservent — en vertu du droit international tel qu’affirmé par les résolutions successives de l’Assemblée générale de l’ONU — le droit de retourner à leurs lieux d’origine. Démanteler ou occuper les camps, c’est, dans cette interprétation, attaquer non seulement un espace physique mais la revendication que cet espace représente.
Ce cadre a été avancé par des organisations palestiniennes de défense des droits humains incluant Al-Haq et Al Mezan, ainsi que par des observateurs internationaux, qui ont longtemps affirmé que les politiques israéliennes en Cisjordanie occupée doivent être comprises dans le contexte plus large de l’ingénierie démographique et de la suppression des revendications politiques et juridiques palestiniennes.
Ce que les moniteurs de source primaire documentent
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA oPt) a suivi en détail les conséquences humanitaires des opérations militaires israéliennes dans les camps de Jénine et Tulkarem, enregistrant les chiffres de déplacement, les dégâts aux infrastructures et les restrictions d’accès. L’UNRWA — dont le mandat est spécifiquement de servir les réfugiés palestiniens — a rapporté sur la perturbation de ses propres services à l’intérieur des camps soumis à des opérations militaires. Les organisations de défense des droits humains incluant Amnesty International, Human Rights Watch, et B’Tselem ont chacune documenté des schémas de recours à la force abusive, de destruction de biens civils, et de punition collective dans le contexte des raids des camps de Cisjordanie. Leurs conclusions situent collectivement les opérations individuelles dans un schéma systémique de conduite.
Ce qu’il faut surveiller
L’intention déclarée de reproduire à Qalandia ce qui s’est déroulé à Jénine et Tulkarem signifie que la situation mérite une surveillance étroite sur plusieurs dimensions : l’ampleur et la durée de toute présence militaire à l’intérieur du camp, l’impact sur la capacité de l’UNRWA à fonctionner, les chiffres de déplacement, et l’état de l’infrastructure civile. Les organes juridiques internationaux incluant la Cour internationale de justice (CIJ), qui a émis un avis consultatif en 2024 concluant que l’occupation israélienne est contraire au droit, fournissent un cadre juridique selon lequel ces opérations continueront à être évaluées.
Pour les familles vivant à l’intérieur de Qalandia et les camps qui pourraient suivre, les enjeux sont immédiats et générationnels — enracinés dans une dépossession qui a commencé en 1948 et soutenue par les structures, les rues, et la persistance têtue des camps eux-mêmes.
“`
Palestinian writer and researcher documenting life under occupation, drawing on primary sources from B’Tselem, Al-Haq, OCHA oPt, Amnesty, Human Rights Watch, and named scholars.