L’organe directeur mondial du football, la FIFA, se trouve au cœur d’une crise croissante de responsabilité concernant son traitement des clubs israéliens basés à l’intérieur des colonies illégales de Cisjordanie — des communautés construites sur des terres palestiniennes occupées en violation du droit international. Malgré des promesses antérieures d’enquêter sur la question, la FIFA a permis à ces clubs de continuer à fonctionner et à participer à des compétitions, une décision que les observateurs des droits de l’homme et les défenseurs palestiniens affirment rend l’organisation complice dans les structures d’occupation militaire qui ont façonné la vie palestinienne en Cisjordanie depuis près de six décennies.
Ce qui s’est passé
Selon les reportages publiés par Mondoweiss, la FIFA s’était à un moment engagée à enquêter sur les clubs de football israéliens opérant à partir de colonies illégales en Cisjordanie occupée. Cette enquête, cependant, n’a pas conduit à la suspension ou à l’exclusion des clubs en question. Au lieu de cela, la FIFA les a autorisés à continuer à jouer. Le nombre de ces clubs a depuis augmenté : il y a maintenant dix clubs basés dans des colonies opérant à l’intérieur de la Cisjordanie occupée, et les reportages indiquent qu’ils se développent en taille et en ambition. L’absence d’action transforme ce qui peut avoir commencé comme un retard de procédure en ce que la source caractérise comme une légitimisation active de l’infrastructure des colonies par le sport.
Pourquoi les colonies sont importantes selon le droit international
Les colonies israéliennes en Cisjordanie sont considérées comme illégales selon le droit humanitaire international, y compris l’article 49 de la quatrième Convention de Genève, qui interdit à une puissance occupante de transférer sa population civile sur un territoire occupé. La Cour internationale de justice, dans son avis consultatif majeur de juillet 2024 sur l’occupation israélienne du territoire palestinien, a réaffirmé que l’entreprise de colonisation d’Israël viole le droit international et a appelé les États et les organisations internationales à éviter les actions qui la perpétuent ou l’enracinent. Quand la FIFA — un organisme dont les statuts font référence à des obligations en matière de droits de l’homme — enregistre et sanctionne des clubs situés dans ces colonies, elle étend l’architecture administrative et institutionnelle du sport organisé à des communautés dont l’existence même sur ces terres est internationalement prohibée.
Qui est affecté
Les personnes les plus directement affectées sont les Palestiniens vivant dans l’ensemble de la Cisjordanie occupée, pour qui les colonies ne sont pas une question juridique abstraite mais une réalité physique quotidienne. Les colonies et leurs infrastructures associées — routes, barrières, points de contrôle militaires — fragmentent les mouvements palestiniens, restreignent l’accès aux terres et à l’eau, et réduisent la base territoriale sur laquelle pourrait reposer une future autodétermination politique palestinienne. Des organisations dont B’Tselem, le groupe israélien de défense des droits de l’homme, et Al-Haq, le moniteur juridique basé à Ramallah, ont documenté en détail comment l’expansion des colonies contribue à ce qu’elles décrivent comme un environnement coercitif conçu pour déplacer les communautés palestiniennes. Quand les clubs de colonies reçoivent la reconnaissance d’organismes mondiaux comme la FIFA, les Palestiniens voient leur dépossession donner une forme de normalité — tissée dans le tissu de la vie civique internationale.
Les obligations en matière de droits de l’homme de la FIFA
La FIFA a adopté une politique en matière de droits de l’homme en 2017, engageant l’organisation à respecter les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme. Ces principes exigent que les institutions identifient, préviennent et traitent les impacts négatifs sur les droits de l’homme liés à leurs opérations. Accorder l’adhésion, l’enregistrement et le statut compétitif aux clubs dans des colonies que le droit international juge illégales est en tension directe avec ces engagements. Les critiques affirment que l’inaction de la FIFA représente non seulement un échec de l’application, mais un choix substantiel — un qui, en accordant une légitimité institutionnelle au football des colonies, contribue à normaliser le projet de colonisation aux yeux de la communauté internationale plus large.
Une empreinte croissante, une fenêtre de responsabilité qui se rétrécit
La trajectoire documentée dans la source est significative : dix clubs maintenant, et en croissance. Chaque club ajouté à l’écosystème sanctionné par la FIFA représente une expansion de l’empreinte que le sport international prête à la vie des colonies. Les précédents comptent dans la gouvernance du sport ; plus longtemps les clubs de colonies concourent sans opposition, plus il devient difficile — politiquement et procéduralement — d’inverser leur statut. L’Association palestinienne de football a déjà soulevé la question par les canaux de la FIFA. Que une pression renouvelée, y compris de la part des associations membres ou de la société civile, puisse contraindre un résultat différent reste la question centrale ouverte.
Le traitement par la FIFA des clubs de colonies sera étroitement suivi par les organisations de défense des droits de l’homme et la société civile palestinienne comme test permettant de déterminer si les organismes de gouvernance du sport mondial peuvent traduire leurs engagements énoncés en matière de droits de l’homme en politique applicable — ou si, comme dans ce cas, l’inertie institutionnelle et le calcul politique continuent à prendre le pas sur les obligations documentées en vertu du droit international.