Une frappe aérienne israélienne sur des entrepôts de médicaments dans le centre de Gaza a privé le système de santé en effondrement du territoire de certaines de ses dernières réserves pharmaceutiques, accélérant ce que le ministère de la Santé de Gaza lui-même décrit comme un décès lent et évitable parmi les patients qui ne peuvent plus recevoir de traitement. La destruction de deux grands centres de stockage à Deir al-Balah — une ville du centre de Gaza qui a servi de plaque tournante logistique cruciale pour les opérations humanitaires — représente non seulement une perte matérielle mais, selon l’évaluation des autorités sanitaires palestiniennes, une sentence exécutée contre les malades chroniques, les post-opératoires et les mourants.

Ce qui s’est passé

Une frappe israélienne a frappé deux grands entrepôts de médicaments à Deir al-Balah, détruisant des stocks qui approvisionaient les établissements médicaux dans toute la bande de Gaza. L’attaque est la dernière d’une série documentée de frappes ciblant ou endomageant l’infrastructure sanitaire à Gaza. Le ministère de la Santé de Gaza, l’autorité principale qui suit le bilan humanitaire sanitaire dans le territoire, a confirmé la destruction et a averti que les pénuries de médicaments résultant de la campagne cumulée tuent désormais trois patients atteints de cancer par jour — des patients dont les décès sont directement imputables à l’absence de médicaments qui seraient autrement disponibles pour eux.

Deir al-Balah a pris une importance particulière au cours de la période actuelle de la guerre en tant que zone de transit pour les quelques activités humanitaires qui ont pu continuer au milieu des restrictions d’accès et des hostilités actives. La perte de médicaments entreposés là n’est donc pas localisée ; elle a des répercussions sur ce qui subsiste du réseau de distribution de Gaza.

Qui est affecté

Les victimes immédiates de la destruction d’entrepôts sont les patients — ceux atteints du cancer, de maladies chroniques, ayant besoin de soins post-chirurgicaux et de conditions aiguës — qui dépendent d’une chaîne d’approvisionnement pharmaceutique qui n’existe plus de manière fiable. Le chiffre du ministère de la Santé de Gaza de trois décès par cancer par jour imputables aux pénuries de médicaments pointe une catégorie de mortalité qui n’apparaît pas dans les décomptes de victimes de frappes aériennes mais n’est pas moins une conséquence de la manière dont le conflit est mené.

Les agents de santé, opérant déjà dans des établissements qui ont été endommagés, assiégés ou contraints de fermer au cours de la guerre, font face au fardeau cumulatif de regarder les patients se détériorer sans les moyens d’intervenir. Les hôpitaux de Gaza ont connu des cycles de crises de carburant, de fournitures chirurgicales, d’anesthésiques et de produits sanguins tout au long du conflit. Les entrepôts pharmaceutiques représentaient l’un des rares endroits du système où la capacité en vrac pouvait être stockée et redistribuée. Leur destruction ferme cette option.

Le schéma plus large

La frappe sur les stocks de médicaments de Deir al-Balah est conforme à un schéma que les organisations de défense des droits de l’homme documentent depuis le début de la phase actuelle des hostilités. L’Organisation mondiale de la santé, l’OCHA et les observateurs incluant Al-Haq et Euro-Med Human Rights Monitor ont enregistré à plusieurs reprises des frappes sur ou près d’hôpitaux, d’ambulances et de personnel médical à Gaza. En vertu du droit international humanitaire — spécifiquement les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels — les établissements et fournitures médicales jouissent d’un statut protégé et ne peuvent pas être ciblés. Les attaques délibérées contre de telles infrastructures constituent des crimes de guerre selon ce cadre.

Gaza est entrée dans le conflit actuel avec un système de santé déjà affaibli par près de deux décennies de blocus. Le blocus, maintenu par Israël et l’Égypte, a chroniquement restreint l’importation de médicaments, d’équipements médicaux et de pièces de rechange pour les machines d’hôpital. Ce que les entrepôts de Deir al-Balah contenaient était, dans de nombreux cas, déjà une fraction de ce que requérait la population de Gaza de plus de deux millions de personnes.

Ce que disent les observateurs de sources primaires

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a régulièrement signalé le système de santé de Gaza comme étant à ou au-delà du point d’effondrement, notant dans les rapports de situation successifs la destruction d’hôpitaux et l’incapacité des convois humanitaires à livrer de manière fiable les fournitures médicales. Amnesty International et Human Rights Watch ont tous deux documenté le ciblage de l’infrastructure de santé et appelé à des enquêtes indépendantes. Le ministère de la Santé de Gaza, bien qu’opérant sous une contrainte extraordinaire, reste la source principale de données sur les pertes et le système de santé à l’intérieur du territoire et a émis des avertissements répétés sur les pénuries pharmaceutiques. Son chiffre de trois décès par cancer par jour dus aux pénuries de médicaments est une mesure d’attrition lente qui s’ajoute à et est inséparable du bilan plus large de la guerre.

À surveiller ensuite

Les questions immédiates sont de savoir si les fournitures médicales de remplacement peuvent atteindre le centre de Gaza — par le biais de tous les couloirs humanitaires qui restent ouverts ou qui sont négociés — avant que l’écart dans les stocks pharmaceutiques ne coûte d’autres vies, et si les observateurs internationaux se verront accorder l’accès nécessaire pour documenter l’étendue complète de la destruction d’entrepôts et ses conséquences médicales. À plus long terme, la destruction cumulative de l’infrastructure de santé soulève des questions sur la capacité de Gaza à fonctionner en tant que système de santé viable à tout moment du futur prévisible, quel que soit le moment où les hostilités cesseront.

L’expression « extermination silencieuse », invoquée pour décrire la crise des médicaments, capture ce que les autorités sanitaires palestiniennes affirment : que les décès s’accumulant parmi les patients atteints du cancer et d’autres personnes atteintes de maladies chroniques à Gaza ne sont pas secondaires au conflit mais sont un résultat prévisible, documenté et continu de frappes sur l’infrastructure qui maintient les gens en vie.