Pour les étudiants palestiniens à Gaza, le Tawjihi — l’Examen général du Certificat d’études secondaires — a longtemps représenté l’un des seuils les plus décisifs de la vie : une porte d’accès à l’université, à la profession, à l’avenir. À l’été 2026, ce jalon persiste, mais les conditions dans lesquelles les étudiants tentent de l’atteindre ont été réduites à presque rien. Pas de salles de classe fonctionnelles. Pas d’électricité fiable. Une alimentation inadéquate. Pour la troisième année consécutive, les jeunes de Gaza passent leurs examens de fin d’études secondaires au cours d’une guerre, et l’examen lui-même est devenu une mesure non seulement des connaissances académiques, mais de ce que les êtres humains peuvent endurer.
Une tradition réduite à la survie
Le Tawjihi est un élément établi de la vie éducative et sociale palestinienne depuis des générations. Traditionnellement, les familles se rassemblent autour des étudiants dans les semaines précédant les examens ; les quartiers se font silencieux par solidarité ; le jour des résultats a un poids communautaire. Cette architecture sociale a été démantelée par plus de deux ans de conflit continu à Gaza. Selon le rapport Mondoweiss, c’est maintenant la troisième année au cours de laquelle les étudiants tentent de passer l’examen sans l’infrastructure de base que l’apprentissage requiert — pas de salles de classe, pas d’alimentation électrique fiable, et une nourriture qui est bien loin de répondre aux besoins nutritionnels adéquats.
L’importance de cette répétition ne peut pas être sous-estimée. Une génération d’étudiants du secondaire de Gaza a maintenant passé la totalité de ses dernières années de scolarité dans des conditions d’assaut militaire actif, de déplacement massif et de privation systématique.
Les conditions auxquelles font face les étudiants
La source décrit un environnement d’examen défini par des absences cumulées. L’électricité, qui était déjà gravement restreinte à Gaza avant l’escalade actuelle des hostilités, reste peu fiable — ce qui signifie que les étudiants tentant d’étudier après la tombée de la nuit, ou d’accéder à des matériels d’apprentissage électroniques, font face à une obscurité quasi totale. L’insécurité alimentaire, largement documentée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA oPt) et d’autres observateurs tout au long du conflit, continue d’affecter la capacité cognitive et l’endurance physique des jeunes tentant de se concentrer sur la préparation aux examens. Et la condition la plus fondamentale pour étudier — une maison, un lieu fixe de relative sécurité et de calme — est absente pour un grand nombre de familles qui ont été déplacées, dans de nombreux cas plusieurs fois, depuis le début des opérations militaires à grande échelle.
Passer un examen dans ces conditions n’est pas simplement un acte académique. C’est une affirmation de continuité contre l’effacement.
Qui est affecté
La population de Gaza avant la guerre était d’environ 2,3 millions de personnes, avec un profil démographique notablement jeune — environ la moitié de la population avait moins de 18 ans. Les étudiants du secondaire passant le Tawjihi représentent l’une des cohortes les plus gravement affectées : assez âgés pour comprendre le poids complet de ce qui est perdu, assez jeunes pour avoir eu leurs années de formation académique consumées par le conflit. L’OCHA et l’UNESCO ont tous deux documenté l’effondrement quasi total du système d’éducation formelle de Gaza depuis la fin de 2023, avec l’écrasante majorité des bâtiments scolaires endommagés, détruits, ou réaffectés comme refuges d’urgence pour les déplacés.
Le schéma plus large : l’éducation comme victime de la guerre
Le droit humanitaire international, y compris la Quatrième Convention de Genève, protège explicitement les civils — y compris les enfants — et les infrastructures civiles telles que les écoles. Les organisations de défense des droits humains, notamment Amnesty International, Human Rights Watch, ainsi que les moniteurs palestiniens Al-Haq et Euro-Med Human Rights Monitor, ont chacun documenté la destruction des établissements éducatifs à Gaza et les conséquences à long terme pour le droit à l’éducation de la population. Le Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’éducation a soulevé la question de Gaza spécifiquement dans le contexte de ce que les savants du droit international décrivent comme le « scholasticide » — la destruction systématique de l’infrastructure éducative d’un peuple.
Pour les familles palestiniennes, l’éducation a historiquement représenté l’une des formes les plus durables de résistance à la dépossession — un héritage remontant à la Nakba de 1948, lorsque les communautés palestiniennes se sont reconstruites autour des écoles même dans l’exil. Le Tawjihi, dans ce contexte, porte un sens qui va bien au-delà d’un certificat.
Points à suivre
La question de savoir si les autorités éducatives de Gaza — opérant dans des conditions de tension institutionnelle extrême — peuvent administrer, collecter et noter les examens du Tawjihi d’une manière qui soit reconnue et crédible reste ouverte. Les conséquences à plus long terme pour une cohorte d’étudiants qui a perdu des années d’apprentissage structuré, a connu un traumatisme grave, et fait face à une privation physique continue, nécessiteront une attention soutenue de la part des moniteurs humanitaires et des organismes éducatifs. L’OCHA oPt, l’UNICEF et l’UNESCO figurent parmi les agences dont les rapports refléteront si une récupération du secteur de l’éducation à Gaza est possible tant que les hostilités et le blocus persistent.
Ce qui est déjà documenté, c’est ceci : les étudiants de Gaza passent leurs examens. Ce fait seul, dans les circonstances que la source décrit, témoigne de quelque chose que les statistiques ont du mal à contenir.
Palestinian writer and researcher documenting life under occupation, drawing on primary sources from B’Tselem, Al-Haq, OCHA oPt, Amnesty, Human Rights Watch, and named scholars.