Les enfants de Gaza nettoient les ruines de leurs anciennes maisons familiales
Partout dans les ruines de Gaza, où des quartiers entiers ont été réduits en montagnes de béton et d’acier tordu, une génération de garçons palestiniens — certains âgés de seulement quatorze ans — accomplissent le travail que les machines de reconstruction et le financement international n’ont pas su fournir. Avec leurs familles survivant en marge de la société et la scolarisation formelle devenant de plus en plus inaccessible, ces jeunes descendent chaque jour dans des champs de décombres, cassant les débris à la main, pour des salaires qui peuvent être aussi bas que dix dollars. Ils ne font pas cela par choix. Ils le font parce que, en l’absence de tout filet de sécurité fonctionnel, ils sont devenus les principaux pourvoyeurs de revenus de leurs ménages. Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement le nettoyage physique des maisons détruites — c’est l’enfance, l’éducation et l’avenir à long terme de toute une génération palestinienne.
Ce qui se passe sur le terrain
Des jeunes palestiniens, certains encore en début de scolarité secondaire, travaillent dans des opérations de déblaiement de décombres dans toute Gaza. Selon les reportages de Mondoweiss, les garçons sont employés — si le terme peut s’appliquer — dans des conditions de danger physique aigu, enlevant les débris des maisons et bâtiments détruits pendant la guerre à la main, sans le matériel lourd qu’exigerait toute opération standard de démolition ou de reconstruction. Le salaire journalier peut être aussi peu que 10 dollars, plaçant ces travailleurs parmi les plus précaires économiquement au monde. Beaucoup ont complètement abandonné leurs études, non pas par choix, mais parce que leurs familles dépendent de tout revenu qu’ils peuvent générer.
Qui est affecté
Le coût humain immédiat retombe sur les enfants et les adolescents — la cohorte la moins équipée, légalement ou physiquement, pour l’absorber. Des garçons âgés de seulement quatorze ans sont documentés dans cette main-d’œuvre, ce qui signifie que certains sont en dessous de l’âge minimum de travail selon les normes internationales du travail. Ils agissent, dans de nombreux cas, comme les principaux pourvoyeurs de revenus : le membre de la famille dont les gains quotidiens déterminent si le ménage mange. L’abandon de la scolarité aggrave le préjudice. L’infrastructure éducative de Gaza a déjà été gravement endommagée pendant la guerre ; pour les enfants travaillant maintenant à temps plein au déblaiement des décombres, la perspective de retour à l’éducation formelle s’éloigne davantage chaque semaine. Le coût psychologique de travailler quotidiennement parmi les ruines de sa propre communauté — souvent les mêmes rues et maisons dans lesquelles un enfant a grandi — est une dimension du préjudice qu’aucun salaire, si modique soit-il, ne commence à compenser.
La situation plus large : reconstruction stagnante et abandon structurel
La situation à laquelle font face ces jeunes travailleurs n’est pas accidentelle — elle reflète un effondrement systémique. La reconstruction à Gaza a stagné. Les conditions politiques et logistiques qui permettraient une reconstruction à grande échelle — l’importation de matériaux de construction, le déploiement de matériel lourd, le flux de fonds internationaux vers des projets opérationnels — ne se sont pas concrétisées à une échelle proche de ce que la destruction exige. Gaza a enduré de multiples campagnes militaires dévastatrices au cours des deux dernières décennies, laissant chacune des couches de destruction que les efforts de reconstruction précédents, eux-mêmes inadéquats et lents, n’ont jamais entièrement traitées. L’ampleur actuelle de la destruction, suite à la période la plus intense de bombardement de l’histoire moderne de Gaza, a rendu le parc immobilier et l’infrastructure du territoire catastrophiquement diminués. Lorsque la reconstruction institutionnelle échoue, le fardeau ne disparaît simplement pas — il se déplace vers les plus vulnérables, en l’occurrence vers les enfants travaillant de leurs mains dans des conditions dangereuses pour des salaires de subsistance.
Ce que les moniteurs de sources primaires ont documenté
Des organisations, notamment OCHA oPt, l’UNICEF et Human Rights Watch, ont suivi l’effondrement de l’infrastructure civile à Gaza et la crise humanitaire s’aggravant affectant particulièrement les enfants. L’UNICEF a à plusieurs reprises signalé Gaza comme l’un des endroits les plus dangereux au monde pour être un enfant, citant non seulement le danger physique direct pendant les hostilités mais les effets en cascade — déplacement, perte de scolarité, séparation familiale, traumatisme psychologique — qui persistent longtemps après la pause du bombardement actif. L’utilisation du travail des enfants dans le déblaiement des décombres après le conflit est cohérente avec les modèles documentés par les moniteurs internationaux dans d’autres zones de conflit prolongé, où l’échec de la reconstruction formelle crée des économies informelles dangereuses qui attirent les membres les plus jeunes et les plus économiquement désespérés des communautés affectées. Selon le droit humanitaire international et la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, les États et les parties au conflit ont des obligations de protéger les enfants de l’exploitation économique et d’assurer l’accès à l’éducation — des obligations que la situation à Gaza place sous une tension grave et visible.
À surveiller
Les questions critiques dans les semaines à venir concernent la question de savoir si les mécanismes de reconstruction seront activés à une échelle et à un rythme qui réduisent la pression économique poussant les enfants à rejoindre cette main-d’œuvre, et si les moniteurs internationaux et les organismes d’aide documenteront et rapporteront formellement le travail des enfants dans les opérations de déblaiement des décombres comme une préoccupation distincte en matière de protection. Plus la reconstruction stagne, plus les déficits éducatifs de ces jeunes personnes s’approfondissent, et plus difficile devient le chemin de retour à l’école et à la sécurité.
À Gaza aujourd’hui, le travail de reconstruction est tombé sur ceux qui ont le moins de pouvoir pour le refuser. Des garçons qui devraient être en classe soulèvent plutôt du béton à la main, pour des salaires qui ne peuvent pas compenser ce que ce moment leur enlève. Leur présence dans les ruines est à la fois un symbole de résilience et un échec documenté des systèmes internationaux censés s’assurer qu’aucun enfant ne porte seul ce poids.
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Palestinian writer and researcher documenting life under occupation, drawing on primary sources from B’Tselem, Al-Haq, OCHA oPt, Amnesty, Human Rights Watch, and named scholars.