Ce que l’Assemblée générale a réellement adopté le 11 décembre 1948

Trois semaines après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’Assemblée générale des Nations unies s’est réunie pour aborder les conséquences d’une guerre qui avait déjà chassé des centaines de milliers de Palestiniens de leurs foyers. Le 11 décembre 1948, l’Assemblée a adopté la Résolution 194 (III) — un document dont le paragraphe 11 a façonné chaque négociation ultérieure concernant le déplacement palestinien, et dont la promesse reste inaccomplies depuis près de huit décennies.

Le texte du paragraphe 11 est précis. Il résout « que les réfugiés qui désirent retourner dans leurs foyers et vivre en paix avec leurs voisins doivent être autorisés à le faire à la date la plus rapprochée possible, et qu’une indemnité doit être versée pour la propriété de ceux qui choisissent de ne pas retourner et pour la perte ou les dégâts causés à la propriété qui, en vertu des principes du droit international ou par équité, doivent être réparés par les gouvernements ou autorités responsables. » Le langage n’est pas aspirationnel. Il est directif, fondé sur la constatation de l’Assemblée elle-même que le déplacement s’était produit, et qu’un recours — le retour ou l’indemnisation — était dû.

La même résolution a établi la Commission de conciliation des Nations unies pour la Palestine (CCNUP), chargée de faciliter un règlement permanent et d’aider les réfugiés à exercer les droits décrits au paragraphe 11. Les documents conservés à UN UNISPAL documentent les premiers travaux de la Commission, notamment son rapport technique de 1951 sur les biens des réfugiés et un registre mondial des terres palestiniennes — une archive qui reconnaissait implicitement l’ampleur de ce qui avait été pris.

Le sens de « à la date la plus rapprochée possible » — soixante-dix-sept ans plus tard

Lorsque l’Assemblée a utilisé l’expression « à la date la plus rapprochée possible », elle n’a pas défini de délai. Ce qui a suivi n’a pas été une mise en œuvre rapide mais une indétermination structurée. La CCNUP a convoqué des négociations à Lausanne en 1949, où un protocole a été signé par Israël, l’Égypte, la Jordanie, le Liban et la Syrie. Ce protocole faisait référence à la Résolution 194 et à la Résolution 181 de l’AGNU comme base de discussion. Les pourparlers se sont effondrés sans accord sur le retour des réfugiés, et la médiation active de la CCNUP a effectivement pris fin au début des années 1950, bien que l’organisme existe techniquement toujours.

L’expression est depuis devenue une mesure du temps écoulé plutôt qu’une action imminente. Le Centre de ressources BADIL pour la résidence palestinienne et les droits des réfugiés, qui maintient des recherches détaillées sur le déplacement palestinien, situe la Résolution 194 dans le cadre plus large du droit international des réfugiés et du droit humanitaire — notant que le droit de retour n’est pas seulement une créature de cette résolution mais est également enraciné dans le droit international coutumier et l’article 13 de la Déclaration universelle. La Résolution 194 demeure néanmoins l’instrument politique et juridique spécifique par lequel la communauté internationale a reconnu la revendication palestinienne en matière de réfugiés immédiatement après 1948.

Réaffirmation sans mise en œuvre : le vote annuel

Depuis 1948, l’Assemblée générale des Nations unies a réaffirmé les principes de la Résolution 194 dans les résolutions successives, année après année sans interruption. Les réaffirmations n’ont pas force contraignante — les résolutions de l’Assemblée générale ne sont pas exécutoires comme le sont les résolutions du Conseil de sécurité en vertu du Chapitre VII — mais elles constituent un consensus international continu selon lequel la question des réfugiés reste ouverte et que les conditions du paragraphe 11 restent le point de référence pour sa résolution.

La régularité de ce vote a sa propre signification. Elle reflète une reconnaissance mondiale, renouvelée chaque année, que le déplacement de 1948 n’était pas un fait historique établi mais une condition permanente exigeant un recours. L’UNRWA, l’Agence des Nations unies pour le secours et l’emploi des réfugiés de Palestine, a elle-même été établie par la Résolution 302 de l’Assemblée générale en décembre 1949, un an après la Résolution 194, spécifiquement pour fournir une assistance humanitaire à la population déplacée en attente d’une solution politique. L’UNRWA enregistre actuellement plus de 5,9 millions de réfugiés palestiniens dans ses champs d’opération à Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, au Liban et en Syrie — un chiffre qui englobe les descendants de ceux qui ont fui ou ont été expulsés en 1948, et qui donne une échelle humaine concrète à ce qu’« à la date la plus rapprochée possible » est venue à englober.

Ce que le texte a signifié pour les familles palestiniennes

Pour les familles de réfugiés palestiniens — qu’elles soient dans les camps de l’UNRWA à Jabalia ou Chatila, dans les communautés de la diaspora à Amman ou Detroit, ou sous un déplacement continu en Cisjordanie — la Résolution 194 n’est pas principalement une abstraction juridique. C’est un document qui a nommé leur condition et y a attaché un droit dans le langage du droit international, quelques mois après la Nakba elle-même. Le texte original, accessible par les dossiers officiels de l’AGNU d’UNISPAL, utilise le mot « réfugiés » et le mot « retour » dans la même phrase. Cette conjonction — un statut reconnu et un recours reconnu — a ancré les revendications juridiques et politiques palestiniennes pendant 77 ans.

L’écart entre le langage directif du texte et la réalité vécue de l’exil continu est le fait central de l’héritage de la Résolution 194. Les recherches de BADIL caractérisent cet écart non pas comme une insuffisance de la résolution elle-même mais comme une insuffisance de volonté politique et d’application — une distinction que la précision du texte lui-même rend difficile à obscurcir.

Sources

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