En Cisjordanie du Nord — longtemps considérée comme l’une des terres les plus productives agricoles en Palestoine historique — les agriculteurs palestiniens font face à un démantèlement discret mais systématique des infrastructures qui rendent l’agriculture possible. Des conduites d’eau ont été coupées, des puits ont été marqués pour démolition, et les récoltes dont les générations de familles ont dépendues s’avèrent défaillantes. Rapporté par Mondoweiss en août 2026, ce schéma reflète ce que les agriculteurs eux-mêmes décrivent comme une menace existentielle : non pas un moment catastrophique unique, mais un effacement lent et bureaucratique de la vie agricole palestinienne.
Ce qui se passe sur le terrain
Selon le rapport de Mondoweiss, les agriculteurs palestiniens en Cisjordanie du Nord ont passé des mois à observer le démantèlement de leurs infrastructures hydrauliques ou menacées de démolition par les autorités israéliennes. Les conduites d’eau alimentant les terres agricoles ont été coupées, et les puits — la ressource fondatrice pour l’irrigation dans un paysage aride — ont été formellement marqués pour démolition. Pour les communautés agricoles dont les moyens de subsistance dépendent entièrement d’un accès constant à l’eau, chaque ordre de démolition et chaque conduite sectionnée représente non seulement un coup économique mais une menace directe à la survie sur la terre.
Les agriculteurs cités dans le rapport expriment la profondeur de la crise en termes crus, décrivant un horizon avec « aucun demain » pour l’agriculture palestinienne dans la région. Cette formulation, bien que non inventée ici, reflète un effondrement documenté de la confiance dans l’avenir de l’agriculture dans les conditions actuelles — un sentiment que le rapport retrace directement à l’effet cumulatif des restrictions israéliennes sur l’accès à l’eau.
Qui est affecté
Les communautés les plus immédiatement affectées sont les ménages agricoles palestiniens en Cisjordanie du Nord — une région qui a historiquement produit des quantités significatives d’olives, de légumes et d’autres cultures, soutenant à la fois la sécurité alimentaire locale et le revenu des familles rurales. L’agriculture palestinienne en Cisjordanie fonctionne sous des contraintes structurelles sévères : en vertu des Accords d’Oslo, la majorité de la terre en Cisjordanie et ses ressources hydriques relèvent de l’administration civile et de la sécurité israélienne, donnant aux autorités israéliennes un large pouvoir de réguler — ou refuser ��� l’accès palestinien aux infrastructures hydriques.
La Cisjordanie du Nord comprend des zones près de Jenin, Tulkarm et Nablus, des districts qui ont fait face à intensification des opérations militaires israéliennes et de l’activité des colons ces dernières années. Les terres agricoles dans ces zones ont historiquement été parmi les plus fertiles de la région, alimentées par des sources naturelles et des systèmes d’aquifères qui se trouvent maintenant sous un contrôle juridictionnel contesté.
Le schéma plus large
La visée des infrastructures hydriques palestiniennes n’est pas un phénomène isolé. Le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA), qui surveille les conditions dans le territoire palestinien occupé, a documenté les démolitions israéliennes répétées de citernes d’eau palestiniennes, de systèmes d’irrigation et de structures agricoles à travers la Cisjordanie, souvent citant l’absence de permis de construction délivrés par Israël — des permis que les résidents palestiniens et les groupes de défense des droits disent être systématiquement refusés.
Les organisations de défense des droits de l’homme dont Al-Haq, B’Tselem et Amnesty International ont longtemps documenté le rôle coercitif que le refus de permis et la démolition d’infrastructures jouent en poussant les communautés palestiniennes hors de leurs terres. En vertu du droit international humanitaire, la destruction de propriété indispensable à la survie d’une population civile — y compris les infrastructures agricoles — est interdite. La nature systématique des restrictions sur l’accès à l’eau palestinien en Cisjordanie a amené les juristes et les observateurs des droits à encadrer ce schéma comme un châtiment collectif.
Le titre du rapport de Mondoweiss lui-même — « Détruire l’agriculture est le but » — cite ce qui semble être la propre formulation d’un agriculteur sur l’intention derrière ces mesures, signalant que ceux qui vivent ce processus l’interprètent non comme une politique fortuite mais comme une stratégie délibérée.
Ce que disent les observateurs de sources primaires
OCHA oPt a régulièrement rapporté que l’accès palestinien à l’eau en Cisjordanie est structurellement inégal, avec les colons israéliens dans les mêmes zones géographiques consommant significativement plus d’eau par habitant que les résidents palestiniens. Al-Haq et B’Tselem ont tous deux documenté des cas dans lesquels des puits agricoles palestiniens ont été démolis ou scellés par des ordres militaires israéliens, et dans lesquels les agriculteurs se sont vu refuser les permis nécessaires pour construire ou entretenir des infrastructures hydriques. La Banque Mondiale a séparément noté que l’agriculture palestinienne fonctionne bien en dessous de son potentiel productif, en grande partie en raison des restrictions d’accès imposées sous l’occupation.
Ce à surveiller
La situation décrite par Mondoweiss est susceptible de s’intensifier à mesure que la chaleur estivale atteint son pic et que les demandes d’irrigation sur les ressources en eau restantes augmentent. Le sort des puits formellement marqués pour démolition sera un indicateur critique : si les ordres de démolition sont exécutés, contestés par des canaux juridiques ou suspendus sous la pression internationale, cela déterminera si l’agriculture dans ces communautés survit à la saison actuelle. Une attention diplomatique plus large aux droits palestiniens à l’eau — et aux obligations juridiques de la puissance occupante en vertu de la Quatrième Convention de Genève — reste un cadre crucial pour comprendre ce qui se déploie ensuite.
Pour les familles agricoles palestiniennes en Cisjordanie du Nord, la question n’est pas abstraite. Elle se mesure en cultures desséchées, citernes vides, et le poids d’un avenir décrit, en leurs propres termes, comme n’ayant aucun demain.
Palestinian writer and researcher documenting life under occupation, drawing on primary sources from B’Tselem, Al-Haq, OCHA oPt, Amnesty, Human Rights Watch, and named scholars.