Près de trois ans plus tard, 112 personnes reposent enfin après une récupération massive à Gaza
Dans l’un des règlements les plus visibles avec le bilan des morts accumulés de la destruction de Gaza, des familles ont enterré les restes récupérés de 112 personnes tuées dans une seule frappe aérienne israélienne en novembre 2023 — un service funéraire de masse qui a comprimé des années de deuil non résolu en une seule journée de deuil. L’événement est une mesure non seulement de l’ampleur de la perte que Gaza a subie, mais de la nature prolongée et stratifiée de cette souffrance : pour de nombreuses familles, les morts étaient restés sous les décombres pendant près de trois ans avant de pouvoir être récupérés, identifiés et inhumés. Parmi les restes restitués aux familles se trouvait une mère découverte en train de serrer ses trois enfants dans ses bras — un détail qui ne nécessite aucune élaboration pour transmettre les enjeux humains de ce que Gaza a vécu.
Ce qui s’est passé
Une frappe aérienne israélienne menée en novembre 2023, pendant la phase initiale et la plus intensive de la campagne militaire d’Israël à Gaza, a enseveli un nombre inconnu de personnes sous les décombres de toute structure dans laquelle elles s’abritaient à l’époque. La récupération de 112 séries de restes — et leur réinhumation lors d’un service funéraire de masse — a eu lieu près de trois ans plus tard, en août 2026. Les familles qui avaient passé des années sans confirmation de l’endroit où se trouvaient leurs morts, ou dans quel état, ont enfin pu accomplir les rites funéraires. Une image qui a émergé de l’opération de récupération est déjà devenue emblématique de la tragédie plus large : les restes d’une mère ont été découverts serrant toujours ceux de ses trois enfants, figés dans un dernier acte de protection que les décombres avaient préservé au fil des années.
Comme l’a exprimé un sentiment de la communauté — et qui donne le titre à ce rapport — ceux présents ont décrit leur deuil revenant « avec la même intensité » que le moment de la frappe originelle. Pour les familles qui n’avaient pas pu enterrer leurs morts, la récupération a rouvert une plaie qui ne s’était jamais complètement refermée.
Qui est affecté
Les 112 personnes dont les restes ont été récupérés représentent une fraction du bilan total des morts que Gaza a enregistré depuis octobre 2023. Les autorités sanitaires palestiniennes et les organismes de surveillance internationaux ont régulièrement documenté que la grande majorité des personnes tuées sont des civils, y compris un grand nombre de femmes et d’enfants. Les familles qui enterrent maintenant leurs morts font partie de dizaines de milliers de ménages à Gaza qui ont perdu un ou plusieurs membres depuis le début de la campagne militaire actuelle. Pour ce groupe spécifique, l’attente des restes s’est étirée sur près de trois ans — une période au cours de laquelle ils ont enduré le déplacement, les bombardements continus et la détresse particulière de la perte non résolue.
L’image d’une mère découverte serrant ses trois enfants dans ses bras témoigne d’un modèle documenté récurrent : des familles s’abritant ensemble lors des frappes, entraînant la mort de plusieurs membres du même ménage en un seul moment. Des organisations de défense des droits de l’homme, notamment Amnesty International, Human Rights Watch et Al-Haq, ont documenté ce modèle de manière approfondie tout au long du conflit.
Le modèle plus large : décombres, récupération et morts non comptabilisés
Le service funéraire de masse en août 2026 reflète une réalité structurelle que OCHA oPt et d’autres organismes des Nations unies ont régulièrement signalée : la destruction de Gaza a été tellement étendue et les infrastructures civiles tellement dégradées que la récupération et l’identification des morts ont été un processus prolongé et incomplet. Les bâtiments effondrés par les frappes aériques n’ont, dans de nombreux cas, pas été dégagés depuis des mois ou des années, en raison de l’absence de machinerie lourde, de l’insécurité continue et de l’ampleur massive de l’effondrement structurel dans tout le territoire.
Il en résulte que les chiffres des victimes, déjà stupéfiants, sont largement compris par les organismes de surveillance comme étant des sous-estimations. Les morts sous les décombres — ceux qui n’ont pas pu être atteints, comptabilisés ou nommés en temps réel — représentent un écart statistique et humanitaire que les récupérations massives comme celle-ci ne ferment que partiellement. Chacune de ces récupérations ramène le deuil à la surface, rendant visible ce que les décombres avaient caché.
Ce que disent les moniteurs de sources primaires
Des organisations comme Euro-Med Human Rights Monitor, UN OHCHR et B’Tselem ont régulièrement documenté l’impact des frappes aériens israéliennes sur les infrastructures civiles et les zones résidentielles à Gaza. Al-Haq, l’organisation de défense des droits de l’homme basée à Ramallah, a caractérisé la destruction de la vie civile et l’incapacité à récupérer et enterrer les morts comme des violations aggravantes du droit international humanitaire, qui exige que les parties à un conflit prennent toutes les précautions réalisables pour protéger les civils et permettre le traitement digne des morts. La CIJ, dans ses ordonnances de mesures provisoires, a appelé Israël à assurer le respect des conditions humanitaires à Gaza — un appel qui a eu un effet observable limité sur les conditions sur le terrain.
Ce qu’il faut surveiller
À mesure que le dégagement des décombres se poursuit dans les zones qui deviennent accessibles, d’autres récupérations de ce type sont probables. Chacune aura le même poids : deuil rouvert, familles reconstituées autour de la perte, et le bilan officiel des morts s’approchant peu à peu — bien que ne rattrapant jamais pleinement — le véritable coût humain du conflit.
Le service funéraire de masse pour 112 personnes tuées dans une seule frappe de novembre 2023 est à la fois un événement humanitaire et un dossier documentaire. Il confirme, dans les termes les plus concrets, que les conséquences de la destruction de Gaza sont toujours vécues — et enterrées — des années apr��s les frappes qui les ont causées.
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Palestinian writer and researcher documenting life under occupation, drawing on primary sources from B’Tselem, Al-Haq, OCHA oPt, Amnesty, Human Rights Watch, and named scholars.