La reprise de Gaza face à la famine stagne alors que les cas de malnutrition continuent d’augmenter, prévient un rapport de l’IPC
Plus d’un an après les premières conditions de famine documentées à Gaza, un nouveau rapport de la Classification intégrée de la phase de sécurité alimentaire — l’organisme international dont les évaluations fixent la norme mondiale pour mesurer les crises de faim — avertit que la reprise n’a pas lieu. Les restrictions imposées par Israël sur le mouvement des aliments vers la bande bloquent tout renversement significatif de la malnutrition aiguë, même alors que la condition continue de se propager parmi une population qui a enduré le siège, le déplacement et la destruction quasi totale de son système alimentaire. Le cas de Hashem Abu Mustafa, deux ans, né dans une tente à Rafah au moment fort de la crise et montrant déjà des signes qui pourraient placer sa récupération hors de portée, capture dans une seule vie ce que les données décrivent à grande échelle : une génération qui se perd à cause d’une faim évitable.
Ce que le rapport a constaté
L’évaluation de l’IPC, publiée fin août 2026, a constaté que la malnutrition aiguë à Gaza continue d’augmenter plutôt que de diminuer. Le rapport identifie les restrictions imposées par Israël sur l’entrée des aliments comme l’obstacle central à la reprise. En vertu du droit international humanitaire, le refus délibéré de nourriture à une population civile constitue une violation des lois de la guerre ; la Quatrième Convention de Genève impose une obligation affirmative au pouvoir occupant de veiller à ce que des approvisionnements alimentaires adéquats parviennent aux civils sous son contrôle. Malgré les appels internationaux répétés à un accès humanitaire sans restriction, les conclusions de l’IPC indiquent que le volume et le rythme des aliments entrant à Gaza restent insuffisants pour inverser l’effondrement nutritionnel produit par les conditions de famine.
La malnutrition aiguë — distinguée de la faim chronique par sa rapidité d’apparition et sa capacité à causer des dommages physiques et cognitifs permanents — est particulièrement dangereuse chez les enfants de moins de cinq ans. À ce stade du développement, la fenêtre d’intervention est étroite. Une fois qu’un enfant entre dans une malnutrition aiguë sévère et ne reçoit pas de traitement thérapeutique à temps, les dommages à la fonction organique et au développement du cerveau peuvent être irréversibles. Les conclusions du rapport de l’IPC suggèrent que pour un nombre inconnu mais croissant d’enfants à Gaza, cette fenêtre s’est déjà fermée.
Qui est affecté
Hashem Abu Mustafa est né dans une tente à Rafah — la ville la plus au sud de Gaza, qui est devenue la destination de plus d’un million de Palestiniens déplacés poussés vers le sud par des offensives militaires israéliennes successives à partir de fin 2023. Il a passé toute sa vie, ses deux années, dans des conditions d’insécurité alimentaire aiguë. Il n’a connu aucune autre réalité. La source décrit sa situation comme celle dans laquelle la récupération pourrait déjà être hors de portée — un jugement clinique qui, multiplié parmi la population de jeunes enfants de la bande, représente une catastrophe démographique se déroulant au ralenti.
La population de Gaza d’environ 2,3 millions de personnes — plus de la moitié d’entre elles étant des enfants — a fait face à des crises en cascade depuis octobre 2023 : le déplacement affectant la quasi-totalité de la population, la destruction des terres agricoles et des infrastructures de pêche, l’effondrement de l’approvisionnement alimentaire commercial et des restrictions sévères sur les convois d’aide humanitaire. La combinaison de ces facteurs sur plus de deux ans signifie que le corps humain, en particulier le corps en développement d’un jeune enfant, n’a eu aucune période soutenue pour se rétablir.
Le modèle plus large de restriction
La conclusion du rapport de l’IPC — selon laquelle les restrictions israéliennes stagnent la reprise — est cohérente avec les conclusions documentées par de multiples observateurs de sources primaires au cours de la période précédente. L’OCHA, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, a rapporté à plusieurs reprises que les convois d’aide vers Gaza font face à des refus, des retards et des attaques qui empêchent une nourriture adéquate d’atteindre les points de distribution. Le Programme alimentaire mondial des Nations unies a décrit les conditions à Gaza comme faisant partie des crises alimentaires les plus graves qu’il ait jamais suivies. Human Rights Watch et Amnesty International ont tous deux publié des conclusions examinant si l’utilisation de la famine comme méthode de guerre — un crime de guerre en vertu du Statut de Rome — s’applique à la conduite d’Israël à Gaza. La CIJ, dans des procédures engagées par l’Afrique du Sud en vertu de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, a ordonné à Israël en janvier 2024 de prendre toutes les mesures en son pouvoir pour assurer la fourniture sans entrave d’une assistance humanitaire à Gaza.
Ce qu’il faut surveiller
La publication du rapport de l’IPC place une pression renouvelée sur les gouvernements et les institutions internationales pour aller au-delà de la documentation de la crise et vers l’application des conditions d’accès que le droit international exige. Que la pression diplomatique, les procédures judiciaires ou le poids des preuves accumulées se traduisent par un changement mesurable du volume d’aliments parvenant à Gaza — et y parvenant à temps pour être important pour des enfants comme Hashem Abu Mustafa — reste la question déterminante. Pour un enfant de deux ans né affamé dans une tente de déplacement, la réponse ne peut pas attendre le prochain cycle de rapports.
Le rapport complet est disponible via Mondoweiss à ce lien. Le suivi primaire se poursuit par l’intermédiaire d’OCHA oPt, l’IPC et les mises à jour de terrain des agences de l’ONU.
Palestinian writer and researcher documenting life under occupation, drawing on primary sources from B’Tselem, Al-Haq, OCHA oPt, Amnesty, Human Rights Watch, and named scholars.